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Bientôt, notre ami Francis Mauro vous présentera son tout dernier livre.

"Le fils du croque morts"

la vie de ce croque morts pas comme les autres.

Un livre complètement isolite sur la vie et la mort. des faits que tout le monde ignior . 

Des gens seraient enterrés encore de nos jours  en état de cataleptie.(mort apparente seulement)

Ce livre  vous donne des frissons dans le dos, avec du sourire bien entendu.  

 

CHAPITRE I - La révélation

 

 

Le jour de ses douze ans, le petit Julian, qui accompagnait son père au cimetière, allait avoir la révélation de sa vie.

Le clocher de l’église toute proche égrenait ses huit coups dans la tiédeur du matin. Nous étions en juillet, le soleil dardait déjà ses chauds rayons qui faisaient monter une légère brume dans les allées du cimetière.

Il le connaissait bien, ce cimetière, le petit Julian, c’était son terrain de jeu ! Etrange, comme terrain de jeu, non ?

Oui, bien sûr ! Mais pas quand on est fils de croque-mort…

Le petit Julian vivait seul avec son père depuis que sa mère était morte, alors qu’il n’avait que deux ans. Il passait donc le plus clair de son temps au cimetière, où son père exerçait le métier de fossoyeur. Mais il était à la fois le cantonnier du village, le croque-mort, comme on disait avant, le garde-champêtre, bref, l’homme à tout faire.

Pour Julian, dans ce cimetière, il y avait aussi la tombe de sa maman qu’il n’avait pas beaucoup connue. Pendant de longues heures, son père lui parlait d’elle en arrangeant la tombe, la fleurissant, la lustrant, en ratissant les alentours… Le petit était donc chez lui, dans ce cimetière. Il aimait gambader entre les tombes, dont il connaissait tous les noms des locataires… Il avait d’ailleurs appris à lire sur les épitaphes, avec son père.

Il était grand, ce cimetière, immense, même, pour lui ! Mais hélas trop petit pour les adultes, qui n’avaient plus de places disponibles pour y ensevelir leurs défunts.

Ce jour-là, le Maire avait demandé au papa de Julian de débarrasser une sépulture vieille de plusieurs siècles dont plus personne ne s’occupait. La pioche commença à fouiller le sol rocailleux en soulevant une fine poussière ocre d’argile, puis la pelle évacua la terre pour en faire un tas sur le côté qui grossit bien vite.

Il avait l’habitude de cette besogne, Secondo Gamberrini, le père de Julian, cet immigré d’Italie qui aimait les travaux physiques. Une bonne quarantaine d’années et encore une belle allure ; depuis le décès de sa femme Maria, Secondo ne vivait que pour son fils unique : le reste ne l’intéressait plus. Il voulait que celui-ci fasse de bonnes études et qu’il trouve un métier plus reluisant que le sien.

Julian parlait à sa mère, comme d’habitude, lui racontant sa journée ; il le faisait très souvent, car cela le soulageait de sa peine. Il savait maintenant que les morts ne vous entendent pas et ne peuvent pas vous répondre. D’ailleurs, ses amis à l’école se moquaient souvent de lui à ce sujet, mais peu lui importait.

Il allait être midi quand Julian s’approcha du chantier de son père et vit que celui-ci avait atteint le cercueil. Secondo était en train d’installer le palan pour hisser ce qui restait de la boîte…

Ce n’était pas la première fois que Julian voyait ce manège. Il savait que son père avait besoin d’un coup de main pour rassembler les os et les déposer dans la fosse commune. Il prit donc la brouette.

En s’approchant, Julian vit que, de nouveau, dans le fond du cercueil, il y avait des choses anormales…

Oui, il savait, et c’était souvent comme cela. Là, le corps était à l’envers, dans le fond, le crâne était à la place des pieds…

Qui avait retourné le corps ?

Il posa cette question pour la nème fois à son père :

- Papa, pourquoi la tête est à la place des pieds… ?

- Cela fait cent fois que je te dis qu’il y a eu la guerre quatorze, ici, et que les tombes ont été bousculées !

Julian n’était pas satisfait de la réponse de son père. Il trouvait cela bizarre : les corps à l’envers, les dessus de cercueil griffés, les côtés arrachés… Il ne comprenait pas pourquoi il n’avait pas d’explications sur les faits étranges des intérieurs de cercueils. Comme si les gens avaient voulu en sortir en essayant de soulever le couvercle. Certains étaient pliés en deux, à genoux dans le cercueil. Les parois complètement griffées et déchirées. Ce ne pouvait être des rongeurs, puisqu’il n’y avait aucun trou dans la caisse. 

Ils n’avaient quand même pas mis des gens vivants en terre ?

Julian était obsédé par ce qu’il avait vu, et ce qu’il venait de voir aujourd'hui confortait ses impressions.

C’était la révélation qu’il attendait ! Ce n’était pas possible que le corps de cet homme, mort en 1750, ait été complètement retourné par un obus de la guerre 14-18 ! Il voyait bien que les os étaient intacts… Il les mit dans la brouette et les déposa dans la fosse commune.

Il savait que, dans ce cimetière, il se passait des choses anormales, incompréhensibles pour le commun des mortels qu’il était. 

En ce jour de ses douze ans, sa décision était prise : quand il serait grand, il prendrait toutes les précautions utiles pour pouvoir sortir de son cercueil si, par hasard, il était enterré vivant.


 

 

 A suivre !

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